Une victoire pour 40 millions de personnes
« Vous ne pouvez pas prendre notre pays – et vous ne pouvez pas prendre notre sport. »
Les mots du Premier ministre du Canada, Justin Trudeau sur le réseau social X, ont résonné partout au pays, jeudi. Une journée de février 2010, Sidney Crosby s’est assuré du titre de capitaine Canada de sa génération. Son but en or en finale aux Jeux Olympiques de Vancouver demeurera dans les esprits des Canadiens.
15 ans plus tard, le 20 février 2025, Connor McDavid a inscrit le but en or lors de la Confrontation des quatre nations. En surtemps, face aux Américains. Le flambeau est passé et le Canada est couronné dans des circonstances sportives et politiques qui font vivre de plus belle la rivalité entre les deux pays. Ce but a mis un terme à une partie enlevante, stressante, où les Canadiens ont parfois paru intimidés par le jeu physique de leurs adversaires. Mais la fin cinématographique n’aurait même pas pu être écrite par les meilleurs scénaristes d’Hollywood. Les deux formations étaient portées par cette énergie de représenter leur pays fièrement.
Une victoire imposante
Sur la glace, Jordan Binnington s’est dressé devant sa cage, dissipant les doutes à son sujet. Ses deux arrêts à tour de tour en prolongation ont permis au Canada de s’emparer du momentum dans un match où il était changeant. Quelques instants plus tard, McDavid soulevait les quelques amateurs du Canada de leurs sièges au TD Garden, à Boston. En préparation aux Jeux Olympiques, plusieurs joueurs arborant la fleur canadienne devaient prouver qu’ils méritent leur considération pour Milan en 2026. Sam Bennett a été utile avec son apport physique. Il ne jouait qu’une quinzaine de minutes par match, bien loin de son rôle de meneur chez les Panthers de la Floride. Mais s’il y avait les deux frères Tkachuk du côté des États-Unis, Bennett ne donnait pas sa place non plus.
Ce n’est pas un secret de polichinelle que les États-Unis connaissent une montée dans le hockey. Après tout, les deux dernières victoires des Américains au Championnat du monde de hockey junior (CMHJ) démontrent cet essor. Il ne faut pas penser aussi loin lorsque l’on regarde le succès des équipes américaines dans la Ligue nationale de hockey. La coupe Stanley n’a pas fait son passage en sol canadien depuis 1993.
Chapeau!
Il y avait quelques interrogations quant à la pertinence de la Confrontation des quatre nations. Le titre le dit. Ce tournoi ne résume pas l’entièreté de la puissance du hockey au niveau mondial. Avec l’exclusion des Russes, mais aussi des autres pays des joueurs vedettes. Dans cette même lignée, le deuxième, troisième et huitième meilleur pointeur de la LNH n’étaient pas présents ; Leon Draisaitl (Allemagne), Nikita Kucherov (Russie) et David Pastrnak (Tchéquie). Mine de rien, les sceptiques auront été confondus. La planète hockey était attirée vers son téléviseur et les amateurs, autant à Montréal que Boston, et malgré des prix quelques peu exorbitants, ont répondu présents. Les partisans étaient engagés et passionnés.
L’enjeu était plus grand. Et il met la table pour le rendez-vous attendu de tous. On se voit en Italie l’hiver prochain.
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