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L’Europe et les États-Unis au détriment du Canada, la LNH se dirige vers une nouvelle ère

Remise en contexte

Après avoir évalué individuellement l’Europe, le Canada et les États-Unis pour leur succès à produire des joueurs de la LNH, il est maintenant le temps de comparer tout le monde ensemble. Ceci nous permettra d’en venir à une partie de la réponse d’un questionnement qui m’était venu suite à la publication d’un « tweet » de Jokke Nevalainen du site Dobberprospects.com. Pour résumer la situation, l’analyste finlandais a prouvé l’ascension du nombre d’Européens repêchés par des formations de la LNH de 2010 à 2017. En voyant ces résultats, je me suis demandé si le changement de tendance observé amenait un résultat positif sur le taux de succès d’un choix. C’est-à-dire est-ce que les ligues européennes ont plus de chances de produire un joueur de la LNH que celles de l’Amérique du Nord.

Conclusions jusqu’à maintenant

Pour consulter l’analyse des ligues européennes, c’est ici.

Pour consulter l’analyse des ligues canadiennes, c’est ici.

Pour consulter l’analyse des ligues américaines, c’est ici.

Nombre de joueurs


Malheureusement pour la LCH, des trois groupes de ligues que nous avons analysés, c’est seulement là qu’on note une diminution du nombre de joueurs repêchés de 2010 à 2019. Comme il a été évoqué auparavant, il se peut que le nombre d’années que les équipes ont pour signer un espoir qui a été repêché au Canada (2 ans) nuise quelque peu. Avec l’Europe (3 ans) et les États-Unis (4 ans), c’est beaucoup plus avantageux de prendre un jeune dans ces ligues au niveau administratif (gestion de la limite des 50 contrats). Pour les talents élites, ça ne devrait pas avoir d’impact, c’est-à-dire que les formations ne se gêneront pas à les prendre, peu importe la ronde. Toutefois, pour les projets de fin de repêchage qui prennent du temps à développer, pourquoi ne pas prendre un Américain allant dans la NCAA ou un Suédois de la SHL ? Vous pouvez donc les laisser dans leur ligue et prendre votre temps pour les amener chez les professionnels.

Je me suis donc amusé avec les données pour voir si c’était le cas. J’ai construit trois nouveaux graphiques du nombre de joueurs sélectionnés en fonction de la ronde et de la ligue, toutes années confondues (graphique 1, 2 et 3). L’hypothèse avancée plus haut est confirmée ou presque. En effet, pour l’Europe, bien que ce soit stable de ronde en ronde, on note une augmentation graduelle. Pour le Canada, il est possible de voir une diminution à mesure qu’on s’éloigne dans le repêchage excepté pour le Junior A. À mes yeux, chaque jeune qui joue dans ces lignes est un projet en soi. Alors, je ne vois rien d’étonnant à les voir être plus sélectionnés dans les rondes tardives. Enfin, pour les États-Unis, les « Highschool » sont de plus en plus présents à mesure que l’on s’enfonce dans les rondes. Pour l’USHL, c’est le même phénomène sauf pour les deux dernières années. Ceci n’est pas vraiment explicable. C’est probablement circonstanciel. Si vous avez une idée, ne vous gênez pas.

Pour le nombre de joueurs, je ne trouve pas difficile de comprendre les équipes de la LNH de bouder un peu la ligue canadienne pour les rondes tardives. Ce n’est qu’une gestion saine des effectifs dans un contexte administratif compliqué. Avec le plafond salarial et la limite de contrat, il faut que vous preniez le moins de chances possible tout en essayant d’optimiser vos choix.

Graphique 1 – Nombre de joueurs des ligues d’Europe sélectionnés en fonction de la ronde de 2010 à 2019

Graphique 2 – Nombre de joueurs des ligues du Canada sélectionnés en fonction de la ronde de 2010 à 2019

Graphique 3 – Nombre de joueurs des ligues des États-Unis sélectionnés en fonction de la ronde de 2010 à 2019

Taux de succès


C’est assez difficile d’analyser le taux de succès dans son ensemble (Graphique 4). Quand je regarde le graphique, je vois deux zones distinctes. On a de 2010 à 2012 et de 2013 à 2015. J’ai enlevé 2016 et 2017, car c’est trop tôt pour les évaluer. Tous les chiffres y chutaient drastiquement. Donc, pour la zone finissant en 2012, c’est très facile de voir que le continent américain surpassait l’Europe. L’année 2011, en particulier, a été exceptionnelle. Toutefois, un changement s’est fait entre 2012 et 2013.

On voit maintenant que le vieux continent domine les circuits canadiens et américains. Le Canada n’est pas tellement loin de l’Europe en termes de succès, tandis que l’Amérique tire de la patte. En raison du fait que ce sont des ligues où on peut laisser les espoirs plus longtemps avant de les signer, je crois que ça joue un peu dans les chiffres. D’ici quelques années, je pense que la différence sera moindre en raison des « late bloomers » qui auront finalement fait le saut dans la LNH sur le tard. Ce serait vraiment intéressant de répéter l’expérience dans le futur pour évaluer l’augmentation du taux de succès dans le temps. Il est fort possible que ce ne soit pas la dernière fois que je vais vous lancer des analyses comme celle-ci.

Graphique 4 – Taux de succès des joueurs sélectionnés en fonction de la ligue et de l’année

Extra – Quelle nationalité traverse l’océan atlantique


Afin d’amener une information supplémentaire intéressante, j’ai regardé le nombre d’Européens qui joue leur année de repêchage en Amérique (tableau 1). Sans réelle surprise, ce sont les jeunes provenant des autres pays d’Europe qui ressortent le plus (c’est-à-dire excluant la Finlande, la Russie et la Suède). C’est 94 joueurs sur 179 au total qui ont préféré traverser l’Atlantique au lieu de rester sur le vieux continent. Les Russes viennent en deuxième avec 52, tandis que les Finlandais et les Suédois suivent avec 22 et 11 joueurs respectivement.

On peut voir que le Canada accueille beaucoup d’Européens contrairement aux États-Unis. C’est la LHJMQ qui ressort le plus au pays avec 51. L’OHL suit très près avec 49, tandis que la WHL et le Junior A suivent avec 39 et 2 respectivement. Je n’ai pas réellement d’analyse poussée à faire ici. Instinctivement, j’aurais pensé que la WHL aurait attiré le plus les Européens en raison du nombre d’équipes, mais on voit que c’est finalement inversement proportionnel au nombre d’équipes dans la ligue. En effet, la LHJMQ compte 18 équipes, l’OHL 20 et la WHL 22.

J’aime voir que peu de Finlandais et de Suédois traversent l’océan pour venir jouer en Amérique. Leur système est excellent là-bas et basé sur le développement. Avec l’augmentation de l’intérêt de la LNH pour l’Europe, je ne m’attends pas à ce qu’on voie une montée importante de ce phénomène. Il va toujours y en avoir, évidemment, mais ce sera toujours une faible proportion.

Tableau 1 – Nombre de joueurs jouant leur année de repêchage en Amérique en fonction de leur origine de 2010 à 2019

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